Traite mauricienne en évidence en Angleterre
Alors que le procès intenté à un couple mauricien, accusé de traite humaine, se poursuit en Grande-Bretagne, le témoignage d’une des victimes de cette douloureuse affaire est venu lever le voile sur une réalité peu soupçonnée : le calvaire quotidien de nombre de nos compatriotes à l’étranger. Un vécu qui s’apparente, dans ce cas précis, à une nouvelle forme d’esclavage.
Comme à tant d’autres, on lui avait promis l’eldorado. Mais elle sera vite désenchantée. Ragenee Oodit, employée par le couple Seenyen-Chellapermal dans son centre d’accueil à Worthing, aura vécu les affres de l’esclavage à l’aube du troisième millénaire. Interrogée lundi par la poursuite, la jeune femme, en sanglots, a relaté au tribunal de grande instance de Chichester les violations aux droits humains qu’elle a dû subir.
Privée de soins médicaux, alors qu’elle devait travailler de longues heures pour une misère, la jeune femme gardera pourtant le silence sur sa condition. Il aura fallu l’intervention d’un Britannique, ami de Lutchmee Jhugur, camarade d’infortune de Ragenee, pour que l’affaire éclate au grand jour. C’est sur son conseil que les victimes, au nombre de sept, se tourneront vers la justice. Louise Brooks, fonctionnaire chargée d’évaluer les aptitudes d’un candidat dans certains métiers, a également déposé en cour lundi. Elle a raconté avoir menti à Mme Seenyen-Chellapermal pour pouvoir accompagner Ragenee Oodit chez un médecin.
Anbanaden Chellapermal, âgé de 61 ans, et Shamila, son épouse âgée de 56 ans, qui ont été arrêtés en juillet 2008, nient les faits qui leur sont reprochés. Leur procès se poursuit au tribunal de grande instance de Chichester. Parmi les victimes se trouve une Zimbabwéenne. Celle-ci, en situation irrégulière, avait été contrainte d’accepter un emploi que lui offrait le couple Seenyen-Chellapermal afin de pouvoir rester en Angleterre. Contrairement à ses camarades mauriciens, elle ne percevait aucune rémunération pour son travail. Elle avait ainsi cumulé plus d’une centaine d’heures de travail quand le couple Seenyen-Chellapermal avait été arrêté en juillet 2008.





Leur stratégie de défense n’a pas résisté aux témoignages poignants de leurs victimes.Celles- ci, exploitées pendant des mois, sont revenues sur les mauvais traitements que leur ont infligé Anbanaden Chellapermal, et son épouse, Shamila.
Les témoignages à charge contre le couple Chellapermal cette semaine ont achevé de convaincre la Crown Court de Chichester, à Londres, de leur culpabilité. Anbanaden Chellapermal, 61 ans, et son épouse, Shamila Seenyen- Chellapermal, 56 ans, étaient en effet accusés de « trafic humain » et d’infractions aux lois régissant l’immigration.
Ils prendront connaissance de leur condamnation le 17 juillet. Certains de leurs employés mauriciens, qu’ils exploitaient, sont revenus sur les mauvais traitements qui leur ont été infligés.
Employée par le couple Chellapermal dans une maison de retraite à Worthing, Ragenee Oodit a expliqué avoir vécu un « cauchemar » . Interrogée en début de semaine par la poursuite, la jeune femme, effondrée, est revenue sur les mauvais traitements dont elle aurait été victime.
Privée de soins médicaux, elle aurait été forcée à travailler plus de dix heures par jour « pour une misére » . Elle aurait cependant gardé le silence sur sa condition pendant des mois, craignant des représailles.
Il faudra l’intervention d’une Britannique, Louise Brooks, pour que les victimes du couple mauricien, au nombre de sept, acceptent de saisir la justice.
Cette fonctionnaire, chargée d’évaluer les aptitudes d’un candidat dans certains métiers, a expliqué devant le tribunal avoir menti au couple Chellapermal pour pouvoir faire sortir Ragenee Oodit de la maison de retraite pour l’emmener chez un médecin. Ce dernier aurait ainsi fait ressortir l’état de santé précaire de la ressortissante mauricienne.
Le couple est soupçonné de faire partie d’un réseau international dont l’objectif était de faire entrer illégalement des
immigrants, dont des Mauriciens, sur le sol anglais. Entre novembre 2007 et juillet 2008, Anbanaden et Shamila auraient ainsi recruté sept Mauriciens dans leurs deux maisons de retraites. Ces derniers, absolument pas qualifiés pour ce travail, percevaient un salaire mensuel de £ 450 – soit environ Rs 24 000. Un salaire quatre fois moindre que celui promis par le couple à leurs employés qu’ils payaient au noir.
Ils travaillaient 13 heures par jour
Une agence de recrutement basée à Maurice étaient chargée d’émettre les documents nécessaires afin de permettre à des compatriotes de se rendre en Angleterre avec un visa touristique.
Sur place, ils étaient embauchés par le couple Chellapermal qui les faisait travailler 13 heures quotidiennement dans leurs maisons de retraite. Ces employés clandestins devaient ainsi s’occuper de personnes âgées atteintes de démence ou d’incontinence. Un travail pour lequel ils n’avaient pas été formés.
Les autorités mauriciennes n’écartent pas pour leur part la possibilité d’initier une enquête sur l’agence de recrutement cité par les victimes du couple Chellapermal.
« Nous avons pris connaissance de certains éléments du dossier et bien évidemment, ils ont retenu notre attention » , laisse- t- on entendre du côté des Casernes centrales. Plusieurs individus, soupçonnés d’être liés à cette affaire, seraient dans le collimateur des enquêteurs et pourraient être entendus.
Outre leur statut illégal, ces Mauriciens auraient également subi de mauvais traitements et se seraient vu interdire l’accés aux soins médicaux. « Cela avait pour but d’éviter que le pot- aux- roses ne soit découvert » , a souligné le juge David Scutt lors du procés.
Well put Jack, thanks. Human trafficking is the modern word leading to slavery and such abominable acts perpetrated by the victims’ own national/ethnic gangs against them.