Santé : Grippe A (h1n1) Le gouvernement rassure, la population s’inquiète davantage

On ne sait pas si Maurice a déjà connu le pire. Ou s’il est à venir. Touché en plein par la pandémie provoquée par le virus de la grippe A (H1N1), le pays est contraint à des mesures urgentes et exceptionnelles. Au sein de la population, l’inquiétude grandit rapidement, la panique s’installe. Ce que veut éviter le gouvernement, qui adopte un ton rassurant, affirmant que les mesures appropriées sont prises.

Alors que l’inquiétude est montée de plusieurs crans en quelques jours, le gouvernement se veut rassurant. En dépit des critiques et des craintes exprimées, il reste sur sa position défendant sa stratégie et affirmant avoir pris les décisions qui s’imposaient en fonction de la situation. Lundi, c’est le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lui-même qui est monté au créneau pour discuter de l’actualité touchant à la grippe A (H1N1). “Il ne faut pas céder à la panique(…) C’est la panique qu’il faut éviter”, a plusieurs fois demandé Navin Ramgoolam lors de sa conférence de presse. Cet exercice a eu lieu après une réunion interministérielle de plus de deux heures tenue le même jour sur la pandémie.

Auprès d’aucuns au sein de la population c’est, en effet, le sentiment que provoque ces jours-ci la grippe A(H1N1). 40 cas officiellement enregistrés, 5 décès liés au virus, Maurice s’inquiète. Surtout lorsque la situation locale est comparée à celles d’autres pays. À La Réunion, par exemple, avec plus de 3000 cas aucun décès n’a été annoncé. Au niveau du continent africain, Maurice a le plus haut taux. Là encore, le gouvernement se veut rassurant. Tout dépendant, dit-il, de la méthodologie utilisée pour surveiller la pandémie. Dans certains pays la surveillance ne se fait pas, dans d’autres, les moyens utilisés sont différents. D’où les différence dans les résultats.

Entretemps, les hôpitaux restent particulièrement bondés. Beaucoup de patients, souvent des enfants, y sont emmenés avec des symptômes de grippe. Au sein des écoles, le taux d’absentéisme reste élevé. Il en est de même au niveau des secteurs privés et publics. Le gouvernement réitérant son appel pour que ceux montrant des symptômes évitent l’école ou le travail pendant au moins sept jours. Navin Ramgoolam a, une fois de plus, lancé un appel au secteur privé pour une bonne collaboration sur la gestion de cette affaire.

Pour Navin Ramgoolam, dès le départ : “Le gouvernement a fait ce qu’il fallait.” Dans un premier temps un système de prévention et de surveillance avait été mis en place pour limiter la propagation du virus et suivre la situation. Maintenant que le virus est au sein de la population, des mesures sont prises au niveau des centres de Santé pour prendre en charge les patients. Ce, tout en veillant à ce que les autres services essentiels des hôpitaux continuent à fonctionner normalement. À ce niveau, le ministre Jeetah affirme qu’il n’y a aucun risque. Dépendant de la progression de la pandémie : “S’il y a des mesures à prendre, nous les prendrons.”

Pour répondre à une perception qui a commencé à se développer, Navin Ramgoolam insiste : “Tout se fait dans la transparence.” Tout comme le ministre Jeetah, il affirme qu’aucune information n’a été dissimulée. “Il faut cependant séparer les faits de la fiction”, a demandé Navin Ramgoolam. Car le Premier ministre a la conviction que “certains” veulent provoquer une panique au sein de la population.

Fermeture des écoles : Bras de fer

Malgré la décision du gouvernement de maintenir les établissements scolaires ouverts, les autres acteurs de l’Éducation sont toujours d’avis que l’arrêt temporaire des cours est nécessaire. C’est aussi l’appel lancé par l’Ombudsperson for Children qui se base sur la Convention des Droits des Enfants. Pour une question de santé publique et de prévention l’association regroupant les médecins privés insiste aussi sur la nécessité de fermer les établissements scolaires pour une quinzaine de jours. Le gouvernement demande que les élèves ou enseignants malades restent chez eux ou qu’ils soient renvoyés chez eux. Au niveau du BEC, la décision a été prise que les classes seront fermées au cas par cas.

Pour résultat, à mardi matin, des collèges privés enregistraient un taux d’absentéisme de 30% en moyenne. “En clair, cela veut dire qu’un collège dont la population estudiantine est de 800 à 1000, fonctionne avec quelques 200 élèves en moins depuis lundi matin. Notre appel pour la fermeture des écoles n’ayant pas été entendu par les autorités, désormais c’est au gouvernement d’assumer ses responsabilités et de nous donner la garantie que tout ira pour le mieux!” dit Harris Bachwa de la Fédération des Managers des Collèges Privés. Au primaire, le taux d’absentéisme dans les écoles gouvernementales tourne autour de 32%. Vinod Seegum, le président de la Government Teachers’ Union, ne cache pas sa déception après l’annonce faite par le Premier ministre lundi. Pour lui : “C’est le ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree qui a induit le Premier ministre en erreur. Bunwaree devra assumer ses responsabilités! Si la GTU est déçue, c’est parce que tous les jours une dizaine d’enfants sont renvoyés chez eux en moyenne. Les enseignants ne peuvent assurer les cours dans de telles conditions. Nous ne comprenons toujours pas pourquoi il faut maintenir les élèves du préprimaire et ceux des Std I à III à l’école alors qu’ils n’y a pas d’enjeux pour eux, comme c’est le cas pour ceux du CPE.”

S’il faut fermer les établissement scolaires, cela doit de faire maintenant, et non plus tard. Car, les impacts seront encore plus importants. Les examens du CPE, tout comme ceux de Cambridge sont prévus dans peu de temps. En bref, le renvoi des cours pourrait aussi signifier le report de ces examens. Il faudrait ainsi envisager un certain bouleversement dans le calendrier scolaire, d’autant que les classes n ‘ont pas terminé le syllabus du troisième trimestre. Tout retard impliquerait le renvoi de la grande rentrée de janvier prochain au secondaire. De son côté, le ministre Bunwaree annonce des cours de rattrapage pour ceux qui seront absents.

Entretemps, les écoliers et collégiens se rendent en classe non sans observer les mesures préventives mises en place depuis la rentrée et renforcées durant le week-end dernier. Il a donc été conseillé aux enseignants de laisser les fenêtres des salles de classe ouvertes pour favoriser l’aération et éviter que les élèves se retrouvent en espaces clos. En cette période hivernale, où le froid, la pluie et le vent se conjuguent pour faire baisser la température, surtout dans les régions du plateau central, il faudrait décupler les précautions pour que les élèves ne prennent pas froid plus rapidement que prévu!

Tamiflu

Seuls les médecins sont autorisés à prescrire du Tamiflu aux patients touchés par la Grippe A (H1N1). L’automédication est vivement déconseillée. Surtout que dans le cas présent, il peut comporter des risques importants. Par exemple, la personne peut développer une résistance au médicament.

Au niveau des services de santé publique, les tests sanguins ne sont plus pratiqués -l’OMS recommandant que cette pratique ne soit plus obligatoire au-delà de 40 cas. Ce qui n’empêche pas le traitement approprié. Il reviendra au médecin de décider du protocole à appliquer en fonction des symptômes qu’afficheront les malades et de leur état de santé. Le suivi se fera au bout de 24 heures et s’il le juge utile le médecin placera le patient sur Tamiflu.

Si le gouvernement affirme que tout a été mis en œuvre pour que le Tamiflu ne manque pas, mardi, une pénurie a été notée au niveau du privé.

Vaccin

Rien n’est encore complètement sûr pour ce qui est du vaccin censé protéger contre la grippe A(H1N1). Si Maurice a entrepris le nécessaire pour être approvisionné dans les meilleurs délais reste que dans plusieurs pays les laboratoires travaillent toujours sur le vaccin. Le virus de la grippe A(H1N1) ayant nouvellement été identifié, les recherches sont toujours en cours. Aux États-Unis, a expliqué le PM, il ne sera prêt que dans 6 mois au moins. Aussitôt qu’il recevra ses premières livraisons, Maurice veillera à vacciner le personnel hospitalier et les patients vulnérables.

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Article by KotZot Mauritius News on 8:31 am Filed under Santé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

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