Médecine légale : le pays manque de personnel qualifié

L’application des principes scientifiques sur les lieux d’un crime est disséquée àl’université de Maurice depuis hier. Toutefois, le manque de personnel qualifié se fait sentir à Maurice.
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Resourdre des crimes à l’aide de la science. La description peut paraître réductrice, mais la Forensic Science ou la médecine légale est basée sur cette équation toute simple. Une conférence internationale axée sur cette discipline scientifique a débuté, hier, à l’université de Maurice ( UoM). Parmi les participants, des représentants de l’université de Staffordshire en Angleterre, une délégation de l’université de Technologie de la Jamaïque de même que des représentants locaux de l’UoM, des pompiers, de la Scene of Crime Office et du Forensic Science Laboratory ( FSL), le laboratoire de médecine légale mauricien.

« C’est tout simplement l’application des principes scientifiques que nous apprenons. Cela combine la science avec d’autres disciplines et c’est un domaine qui est en constante évolution » , explique David Flatman- Fairs, Senior Lecturer de la faculté des sciences à l’université de Staffordshire. Cette université a participé l’an dernier à la formation de policiers en médecine légale. Ils ont ainsi été formés aux techniques auxquelles

il faut faire appel en arrivant sur une scéne de crime.En fait, la médecine légale est une discipline qui existe depuis longtemps. Toutefois, elle est en nette expansion depuis ces derniéres années. Notamment grâce aux avancées technologiques.

En effet, de nos jours, il ne s’agit pas simplement de relever des empreintes, mais bien de déterminer, sans l’ombre d’un doute, les circonstances d’un crime ou d’un autre événement semblable.

A Maurice, la médecine légale intervient dans de nombreux cas à savoir ceux de violence domestique, d’agression, d’accident de la route, d’incendie, d’agression sexuelle ou encore de contre- façon. C’est

le FSL, menée par Vidhu Madhub- Dassyne qui compte 25 ans de métier dans la médecine légale, qui se charge de cette tâche. « Tout a commencé en 1950 avec le Police Medical and Scientific Division . Aujourd’hui, nous sommes un organisme indépendant de la police, placé sous l’égide du bureau du Premier ministre » , explique- t- elle. A savoir que ce département traite les échantillons collectés sur les scénes de crime, qu’il s’agisse de sang, de traces d’encre, d’empreintes ou autres.

Manque de ressources humaines

« Avec la DNA Identification Act , nous entrons dans une nouvelle ére. Nous avons déjà les équipements nécessaires pour identifier l’ADN depuis 2005 mais ce n’est qu’à partir du moment où la loi

entrera en vigueur que nous pourrons réellement aller de l’avant » , explique Vidhu Madhub- Dassyne.

Cependant, si le FSL est dotée d’équipements à la pointe de la technologie, ce département fait face à un sérieux manque de main- d’oeuvre. « Il y a un manque de personnel qualifié à Maurice. Il est vrai que nous commençons à avoir des personnes spécialisées en forensic science , mais elles ne sont pas nombreuses » , fait ressortir le responsable de la FSL. D’ou la nécessité de mettre sur pied des cours dédiés à cette discipline.

Professeur à l’UoM, Henry Li Kam Wah précise : « Il n’y a pas de programme de médecine légale à Maurice, mais nous avons, à ce jour, des modules qui prennent en compte cette discipline. » Or, à partir de l’année prochaine, le cursus devrait être étoffé, selon le professeur. « Nous devons exploiter le potentiel que nous offre l’UoM afin d’avoir plus de ressources.

Nous en avons grand besoin » , soutient Vidhu Madhub- Dassyne.

L’UoM et le FSL souhaitent, en fait, éveiller l’intérêt des jeunes Mauriciens pour cette discipline à travers des conférences et des ateliers de travail.

Mais déjà une vingtaine d’étudiants assistaient à la conférence hier. Et grâce aux nouveaux cours qui seront proposés par l’UoM, certains de ces étudiants seront peutêtre appelés à analyser des fragments de peau, d’où l’ADN sera prélevé, afin de déterminer l’innocence d’un accusé, ou au contraire, sa culpabilité.

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