Maurice plaque tournante du trafic de drogue dans Ocean Indien
Le dernier rapport annuel de l’International Narcotics Control Board, basé à Vienne en Autruche, porte un coup dur à Maurice sur le plan international en matière de lutte contre le trafic d’héroïne. Le pays est présenté comme une véritable plaque tournante dans l’océan Indien, utilisée par les trafiquants de drogue de l’Inde et du Pakistan mais également ceux de la côte est africaine, dont le dernier venu en date, le Mozambique. D’autre part, l’affaire Cindy Legallant avec la saisie de 21 727 comprimés de Subutex est également citée dans ce même rapport pour soutenir la montée en puissance des trafiquants dans l’île. Néanmoins, des réserves sont exprimées dans des milieux officiels sur les ” conclusions hâtives et accablantes contre Maurice ” à grande diffusion internationale.

Les responsables de l’International Narcotics Control Board, dont le président est Sevil Atasoy, ne passent pas par quatre chemins pour clouer Maurice au pilori en page 57 du rapport, qui peut être consulté sur Internet. ” There is evidence of an increase in the smuggling of heroin in the islands of the Indian Ocean, particularly Mauritius. Opiates from India and Pakistan are smuggled into Mozambique and the South Africa and from South Africa into East African countries, notably Mauritius and Seychelles “, souligne le document sans aucune note de précaution au sujet des ces conclusions.
En sus d’être transformée en un important point de relais dans le réseau international de trafic de drogue, le rapport de l’International Narcotics Control Board place Maurice au No 1 d’un classement peu enviable en Afrique, notamment la consommation de produits dérivés de l’opium ou encore de l’héroïne. ” Mauritius has one of the highest levels of opiate abuse in Africa, a spillover effect of the heroin trafficking in this country “, ajoute le rapport au chapitre de la situation en Afrique de l’Est.
Ce document international commente également la position de Maurice dans le trafic des psychotropes. À ce chapitre, les récentes saisies de Subutex allant de l’affaire de Cindy Legallant, dont les détails ont défrayé la chronique tout récemment, à celle de Christophe Caterino, ce steward d’Air France actuellement en fuite pour éviter une longue condamnation à Maurice, retiennent l’attention.
” Preparations containing buprenorphine continue to be smuggled into and abused in Mauritius. In 2008, customs officers in Mauritius seized 21 727 tablets containing Subutex from a passenger arriving from France by air “, s’appesantit le rapport de l’International Narcotics Control Board au paragraphe 325 pour soutenir les conclusions susmentionnées. Rappelons que dans un commentaire de presse, mercredi en début de soirée, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a dénoncé de manière virulente le trafic de Subutex en signifiant son intention d’introduire la peine capitale contre les trafiquants et passeurs de ce pychotrope.
Dans les milieux officiels, en particulier dans les rangs de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), des réserves sont exprimées quant aux conclusions de ce rapport sur Maurice. Ils affirment que l’ADSU travaille en étroite collaboration avec les différentes polices de la région et organisations internationales luttant contre le trafic de drogue. ” Nous procédons à des échanges d’informations et d’intelligence sur les techniques et tactiques utilisées par les trafiquants avec nos voisins en vue de renforcer le réseau de lutte. Nous avons obtenu des résultats probants découlant de cette coopération sur le plan régional et international “, laisse-t-on entendre en guise de réactions aux conclusions de ce document.




