Le compost mauricien disponible cette année
La production industrielle de compost deviendra une réalité en octobre, sauf incident majeur.

30 000 tonnes de compost seront alors commercialisées sur le marché local. Le prix variera entre Rs 7 000 et Rs 8 000, au tiers du coût des fertilisants utilisés par la communauté des planteurs. Le projet a été dévoilé, hier matin, à La Chaumiére par la compagnie mauricienne Solid Waste Recycling ( SWR). Le compost est un mélange fermenté de résidus organiques et de minéraux, utilisé pour fertiliser les terres agricoles – cela concerne aussi bien la culture de la canne que celle des fruits et légumes.
Pour la production de compost, l’usine utilisera des déchets organiques que lui fournira l’Etat à raison de 350 tonnes par jour.
Le pays génére 1 200 tonnes de déchets quotidiennement qui sont acheminés vers le centre d’enfouissement de Mare- Chicose. Le projet, qui s’implantera sur des terres de huit hectares à La Chaumiére, aura un double effet sur le traitement des déchets.
Il allégera la pression sur Mare- Chicose et devrait logiquement entraîner la fermeture du centre de transfert de Saint- Martin. « Le gouvernement économisera quelque Rs 100 millions annuellement dans la collecte et le transfert des déchets » , fait ressortir Harékrishna Padiachy, président du Board de la SWR, au sein duquel on retrouve Patrick Maurel, directeur de Securiclean . Les investissements, financés à hauteur de 70 % par des emprunts auprés des banques commerciales, sont de l’ordre de Rs 300 millions. Ce projet devrait créer une centaine d’emplois.
La main- d’oeuvre sera formée en Inde auprés d’ Excell Industries . Ce groupe est spécialisé dans la conversion des déchets en compost et compte seize sites opérationnels. « Nous avons acheté une licence pour utiliser leur technologie de bio culture » , explique Harékrishna Padiachy.
Tout déchet, sauf le plastique, les métaux et le papier, sera utilisé pour produire le composte. « Les camions- bennes nous apporteront les déchets qui seront d’abord triés avec des équipements, dont des tamis et des aimants, qui sont présentement fabriqués en Inde » , explique Harékrishna Padiachy. Ces déchets seront ensuite déversés sur une plate- forme de 25 000 métres carrés. Puis seront ajoutées les bactéries essentielles à la fabrication du compost. Aprés six semaines, le compost sera prêt et passera par un dernier tri pour enlever les corps étrangers.
Place ensuite à l’ensachage en 25 ou 50 kilogrammes. La vente se fera en vrac.
« Avec le prix des fertilisants chimiques qui a considérablement augmenté, le compost est une excellente alternative. Cet engrais cadre avec la politique d’agriculture durable. Le compost sera bénéfique car il est plus présent dans le sol et contribuera à une meilleure production dans la terre. Il crée une biodiversité de la terre dont profiteront les plantes. Par exemple, dans une forêt on n’ajoute pas d’engrais aux racines. Ce sont les feuilles mortes et autres branches qui se décomposent et qui enrichissent le sol » , explique Krit Beeharry, président de la Fédération des coopératives agricoles.
« Contrairement aux fertilisants, le compost ne sera pas affecté par les pluies » , ajoute- il. Harékrishna Padiachy abonde dans le même sens, affirmant que la production dans les champs sera « améliorée de quelque 30 % » . Dans le même ordre d’idées, Krit Beeharry affirme que la fertilité du sol se mesure également par son taux d’humidité et d’aération.
Le compost contribue aussi à cet aspect de la terre.





Une unité de méthanisation qui traite 15 000 tonnes/an de déchets permet d’assurer le chauffage de 700 maisons ou l’eau chaude sanitaire de 3.500 habitations. En plus du composte, la compagnie mauricienne Solid Waste Recycling pourrait elle produire du biogaz?