Larmes de joie au moment de la libération de Harish Boodhoo
Libéré hier pour des «raisons humanitaires »,il amis un terme àsa gréve de la faim. Mais Harish Boodhoo ne compte pas baisser les bras et prévoit un meeting jeudi devant les bureaux de l’ICAC.
LE suspense n’a pas été de longue durée. Harish Boodhoo a retrouvé, hier, la liberté « sans conditions » , comme l’a décrété le président du tribunal de troisiéme instance de Port- Louis, et ce, pour des raisons humanitaires.
Rentré chez lui à Belle- Terre, Harish Boodhoo a mis un terme à sa gréve de la faim qui aura duré treize jours.
Aprés avoir écouté les deux parties, le magistrat Hurreesingh a décidé de libérer l’ancien leader du Parti socialiste mauricien ( PSM) en attendant le 12 mai, jour de sa prochaine comparution pour entendre la suite de l’affaire. Cela, à la lumiére des premiéres conclusions de l’enquête policiére en cours sur le rassemblement « illégal » qui a eu lieu le mardi 20 avril.
La décision du magistrat a été accueillie par une explosion de joie parmi les supporters de Harish Boodhoo, qui avaient envahi depuis le matin l’enceinte de la New Court House . Dans la foule se tenaient de nombreuses femmes qui avaient participé à la récente gréve de la faim au jardin de la compagnie à Port- Louis. L’avocat Kishore Pertaub était aussi présent.
Le sourire retrouvé, Harish Boodhoo quitte la salle d’audience, non plus sous escorte policiére, mais entouré de partisans majoritairement féminins. Moment fort en émotions. Sarita, la femme du gréviste, avait les larmes aux yeux. La jeune Viveka, la niéce de Harish Boodhoo âgée de 14 ans qui l’aide en tant que secrétaire, s’est jetée dans les bras de son oncle.
Aprés ces démonstrations de joie et de soulagement, et aprés avoir posé pour la photo souvenir à l’entrée du bâtiment, Harish Boodhoo, soutenu par ses amis, a quitté l’enceinte de la cour, pour se diriger vers la cathédrale Saint- Louis. La troupe s’est installée sur le parvis de l’édifice majestueux. Là, du haut de cette estrade improvisée, l’homme de Belle- Terre s’est adressé à son auditoire, se livrant à une série de dénonciations.
« J’ai appris beaucoup de choses »
Malgré sa condition physique fragile, Harish Boodhoo ne faiblit pas. Et accuse. Lors de son séjour en prison, il a appris « beaucoup de choses » , tonne- t- il.
Exemple : l’implication de la femme d’une haute personnalité du pays dans le trafic de stupéfiants.
« A koz sa mem ena dimun pe panike . Il y a un grand travail qui a déjà commencé depuis que je suis en prison. » L’ancien leader du PSM se défend et répond à ses détracteurs.
Il « ne fait pas de politique » . Mais cela ne l’empêche pas d’aller en guerre contre le gouvernement : « Si je ne mets pas le gouvernement à genoux, cela voudrait dire que je ne vaux rien. » Harish Boodhoo s’adresse directement au Premier ministre, déclamant qu’il est « la seule personne qui connaît son talon d’Achille » . L’homme ne baisse pas les bras, malgré les « tentatives de l’isoler » . Il fait allusion à la rencontre entre les grévistes de la faim et Rama Sithanen, et déplore que les grévistes n’aient pas suivi son conseil de ne prendre aucune initiative, de s’abstenir d’aller négocier.
Harish Boodhoo a ensuite confirmé avoir écrit, de la prison, une lettre au commissaire de police, pour lui demander l’autorisation de tenir un meeting devant les bureaux de la commission anti- corruption jeudi. Et le jour suivant, il a reçu la visite de deux policiers qui souhaitaient savoir quels thémes il aborderait lors de ce meeting. Il a alors luimême écrit une déposition pour leur répondre, déposition dans laquelle il a déploré la maniére dont anciens et nouveaux hommes politiques ont volé le pays, le mettant à terre. Il y a aussi sévérement critiqué Navin Ramgoolam et a énuméré une série de questions qu’il souhaiterait poser au Premier ministre.
Une chose en tout cas est certaine.
La joie des retrouvailles et de la liberté retrouvée a été de courte durée : la lutte a déjà repris ses droits. L’homme de Belle- Terre ne s’accorde aucun répit.
Marc ATCHIANE Lexpress






