Interdiction de fumer dans les lieux publics : un an déjà
Un an après l’entrée en vigueur de la loi interdisant la consommation de cigarettes dans les lieux publics, l’on constate que des Mauriciens ont changé d’attitude car les pénalités sont lourdes. L’association antitabac ViSa, soutenue par le ministère de la santé, poursuit sa lutte contre la consommation de cigarettes à Maurice.

En 2007, Maurice était l’un des premiers pays consommateurs sur le continent africain avec plus de 1 000 cigarettes fumées par personne annuellement. Avec l’application des nouvelles mesures par le ministère de la Santé, les habitudes de nombreux Mauriciens fumeurs ont changé. Les cafés, bars, restaurants, gares routières et les bureaux ne tolèrent désormais plus ces pratiques qui mettent en péril non seulement la santé du fumeur mais également celle de ses voisins. Certains avouent avoir réduit leur consommation par manque de lieux pour fumer, d’autres admettent avoir totalement arrêté la cigarette.
Darwin Appadoo, employé dans une imprimerie qui consommait au moins une quarantaine de cigarettes par jour, nous parle de son changement d’attitude. Il dit avoir totalement arrêté faute d’un endroit pour fumer. ” Lontan mo ti pe konsom boukou me aster pena mem lespas. Dan travay, ti pe al fim deor ou lor balkon me sa osi interdi. Etan done ki monn vinn papa monn anvi protez la sante mo baba ek monn aret fime dan lakaz. San realize, mo finn arete “, dit-il. Pour sa part, Sewaj Rampersad dépense en moyenne Rs 100 quotidiennement. Il avoue ” zoue kouk kasiet ar la polis pou kapav apresie enn sigaret apre travay “.
Pourtant, le ministère de la santé et ViSa ont depuis l’année dernière mis les bouchées doubles pour décourager cette pratique. Outre l’arrêt de la diffusion de publicités radio et dans la presse écrite, l’interdiction concerne les billboards. Les avertissements sur les paquets de cigarettes sont clairs : Fumer provoque une attaque cérébrale ; la fumée du tabac nuit à la santé de l’enfant ; fumer provoque des maladies du cœur ; l’usage du tabac provoque l’impuissance sexuelle ; fumer cause une mort lente et douloureuse, entre autres. Pour renforcer ces messages, les paquets de cigarette sont illustrés par des images choc. ” Une image vaut mille mots “, affirmait l’année dernière Véronique Leclezio, présidente de ViSa. D’ailleurs, indique un boutiquier, nombreux sont les consommateurs à demander à changer de boîte de cigarettes lorsque l’image figurant sur l’une d’elle est particulièrement affreuse.
Une des astuces utilisées par les fumeurs, outre l’option d’une boîte en métal pour mettre leurs cigarettes, serait l’étui. Cet accessoire vendu dans certains commerces permet de dissimuler l’avertissement. Très coloré avec un porte-briquet, l’étui, très prisé par les fumeurs, serait une nouvelle façon d’afficher sa boîte de cigarette fièrement.
La vente de cigarettes a également été limitée. ” Lontan ti pe vann sigaret detay. Aster la li interdi par la loi. Kan vann sigaret par pake, dimounn pa aste parski pena kas mem. Mo finn perdi boukou client koumsa. Akoz samem mo finn desid pou aret vann sigaret “, indique un autre commerçant opérant à Rose-Hill. Néanmoins, selon des témoins, la vente au détail se poursuit dans certaines boutiques, plus ou moins discrètement.




