Il ne faut pas céder à la panique, la panique n’est jamais la réaction appropriée – Navin Ramgoolam
On ne parle que de la grippe A ( H1N1). A ce jour, plus de 25 000 individus auraient été touchés par le virus, selon les estimations de la Santé. Source d’inquiétude internationale, la grippe A fait peur. Le risque d’une pandémie sur le modéle de la grippe espagnole qui avait fait des millions de victimes au début du XX e siécle est relayé par les médias, ce qui peut entretenir la propension à la panique.
Mais il est temps de mettre un frein à tout cela et de reprendre son sang- froid. Comme l’a rappelé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de l’ouverture officielle de l’hôpital Apollo- Bramwell : « Il ne faut pas céder à la panique, la panique n’est jamais la réaction appropriée. C’est le moment de faire preuve de sang- froid, de logique et de détermination . » Relativisons les choses. Avec 1 799 décés attribués au virus de la grippe A dans le monde, on peut affirmer qu’elle est peu mortelle. Il est un fait que perdre un membre de sa famille est une tragédie.
Mais ces cinq décés locaux, dont deux avaient des problémes de santé antérieurs, ne constituent pas en soi des données inquiétantes. En comparaison, les maladies non transmissibles tuent davantage de personnes à Maurice.
En 2007, 20 % de patients sont morts à la suite de problémes cardiaques, 15 % du diabéte et 35,4 % de problémes circulatoires. En moyenne, les hôpitaux soignent 833 000 individus par an. Plus meurtriéres encore sont les accidents de la route. Du 1 er janvier au 22 juillet 2009, pas moins de 68 décés ont été la conséquence de graves accidents.
Il faut donc arrêter de s’affoler, faire preuve de bon sens et suivre à la lettre les précautions préconisées.
« Se laver les mains est beaucoup plus efficace pour se protéger de la grippe que d’avoir du Tamiflu dans son armoire à pharmacie , » explique un médecin de longue carriére.
Chacun doit prendre ses responsabilités, martéle pour sa part Rajesh Jeetah, ministre de la Santé. Plus que la grippe A, ce sont ces signes d’affolement qui excéde le plus l’occupant du 5 e étage du bâtiment Emmanuel Anquetil. « Qu’aurions- nous dû faire que nous n’avons pas fait ? » demandait- il mercredi à ses conseillers, avant de reprendre son bâton de pélerin. Direction, une radio privée pour une nouvelle émission sur la grippe A. Objectif : informer, toujours et encore.
Certes, il y a eu quelques signes de frayeur dans les services de la santé publique. Mais la machinerie s’est progressivement mise en place. « Nous sommes dans une situation exceptionnelle et il est normal qu’il y ait eu quelques couacs dans les services de santé publique. Mais les gens doivent comprendre que nous avions envisagé tous les cas de figure, ce qui a donné naissance, dés avril, à notre Preparedness Plan en ligne avec les recommandations de l’OMS » , affirme une source à la Santé.




